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Galère ou super plan : la check-list avant d’accepter une date

Galère ou super plan : la check-list avant d'accepter une date

Lisa vient de me laisser un message enthousiaste : « on a une date le 22 juin prochain, t’es libre ? ». J’aime bien travailler avec Lisa, ça fait longtemps qu’on monte des projets ensemble. Il y a eu des moments incroyables, comme ce micro-festival au fond de la Creuse sous un chapiteau surchauffé. Il y a eu des galères improbable, comme ce « concert » de 2 morceaux devant 4 personnes dans un salon de thé à Amiens… ça s’appelait « tremplin ». La question vient donc dès que j’ai raccroché : galère ou super plan ? Je prends ou je prends pas ? 

C’est à force d’avoir à répondre à cette question que j’ai établi cette sorte de check-list. Répondre à ces questions simples me permets deux choses essentielles :

  • savoir si je prends ou pas : est-ce que j’ai les informations essentielles qui me permettent de savoir, très concrètement, si cette date me convient ou pas ? J’ajoute la mention essentiel pour choisir dans la liste ci-dessous, aux questions qui entrent dans cette catégorie. On doit y répondre avant de dire oui on non. 
  • savoir comment ça va se passer : est-ce que j’ai toutes les informations qui vont me permettre de me concentrer essentiellement sur la musique ? Vous savez, tous ces petits détails d’organisation qui ne se remarquent pas quand tout va bien, et qui prennent toute la place quand ils flottent un peu… 

Ces informations, une fois collectées, me permettent d’établir ma feuille de route, un document qui rassemble pour chaque date toutes les informations. bien pratique quand on commence à en faire des dizaines par an !

Le temps et l’espace

-> C’est quand ?

galère ou super plan : bloquer la date

            Galère ou super plan : bloquer la date

1. 2. Date et heure du spectacle

Essentiel pour choisir : Évidemment… est-ce que je suis disponible à cette date ? Pas d’autre date prévue ? Ça ne tomberait pas pendant les vacances avec les enfants ? Pas de séminaire d’équipe dans mon travail-a-coté-que-je-vais-bientôt-lâcher-mais-dont-j’ai-besoin ?

3. Heure de l’installation

Il y a des pièges… en particulier sur les festivals où les balances peuvent être très éloignées de l’heure du spectacle. Il se peut aussi que le lieu de représentation ou les techniciens ne soient disponibles qu’à certains horaires précis. L’organisation n’est pas la même, pour un concert à 21h, selon qu’on s’installe à 19h ou à 10h !

4. Heure d’arrivée

C’est à la fois une info pour vous et pour les autres, surtout si vous arrivez en bus, en train ou en avion. Par les transports en commun, il est rare qu’on arrive pile-poil sur le lieu du concert. Sortez les calculatrices : si l’installation est à 14h30, que votre train arrive normalement à 13h50 et qu’il y a 35 mn de trajet… vous êtes confiant que ca va le faire ? Ou vous prenez le train d’avant ? 

-> C’est où ?

5-6. Ville et lieu

Essentiel pour choisir : avant d’ouvrir les horaires de la SNCF ou le GPS, je sais en gros qu’une date à Quimper n’implique pas les mêmes contraintes qu’une date à Valence, si je suis en Savoie. De même, les enjeux ne sont probablement pas les mêmes dans le bar Chez Gégé et dans la salle « officielle » de la région…

7. Moyen de transport

Même si c’est un producteur ou une compagnie qui prend en charge, on peut avoir ses préférences… Les raisons peuvent être la fatigue, l’environnement, le transport du matériel ou juste la commodité personnelle (je n’ai pas de voiture est une raison valable pour ne pas venir en voiture). La fatigue n’est évidemment pas la même en train ou s’il faut conduire le fourgon du groupe pendant 5 heures avant d’arriver…

8. Temps de trajet (donc heure de départ)

La ville ne dit pas tout… quand vous allez jouer en Lozère ou sur le plateau de Millevaches, c’est surprenant comme la moyenne baisse… Le temps de trajet, avec les infos sur l’heure d’installation demandée, me permet aussi de savoir quand il faudra partir, le jour même ou la veille, ou encore avant. Très très important pour la bonne ambiance familiale ! En effet, l’entourage n’aime pas bien quand le « j’ai une date vendredi » se transforme en « je pars mercredi après-midi ». 

9. Logement

Galère ou super plan - se loger

                         Galère ou super plan : on dort où ?

Quand on arrive la veille ou que le spectacle finit tard, je trouve important pour ma sérénité de savoir comment cela va se passer. Quand je vais sur une date avec le fourgon que j’ai la chance d’avoir, je me sens certes un peu à la maison, mais c’est loin d’être toujours le cas. Il y a les plans camping ou les plans chez l’habitants, parfois géniaux, parfois plus difficiles quand on a besoin de solitude. Bien sûr, on a des bonnes surprises parfois, quand le gîte local s’avère utiliser des yourtes ou une grange magnifiquement rénovée. C’est plus sympa qu’une insipide chambre d’hôtel bon marché en bordure de Nationale… Ce que j’en retiens surtout, c’est que j’aime bien savoir AVANT.

10. Catering

Je vais peut-être paraître bassement matériel, mais je crois que beaucoup de celles et ceux qui tournent seront d’accord : la manière dont on est nourris compte beaucoup. Souvent, les organisateurs font de leur mieux, on est chouchoutés par un bon repas maison, ou envoyés au petit resto du coin. Parfois, ils font de leur mieux avec autant de modestie que de générosité. J’ai connu des plans ou, festival à budget super serré oblige, on a mangé pendant trois jours des barquettes de poulet/patate que le supermarché du coin cédait à l’approche de la date de péremption. La bonne humeur remplace alors la gastronomie… C’est comme pour le logement, tout peut passer, quitte à se faire à manger soi-même. Mais SURTOUT, j’aime le savoir AVANT, pour ne pas avoir à m’organiser en urgence en cherchant un kebab ouvert à 1h30 du matin.

La musique

-> On joue quoi ?

11. playlist / projet

Galère ou super plan : avant de s'installer

                                 Galère ou super plan – on prend quoi ?

Essentiel pour choisir : Ca paraît bête… quand on joue sur plusieurs projets, parfois très différents, les implications sont très différentes. J’ai par exemple toute une partie de mon répertoire solo qui peut difficilement être joué en extérieur, pour des raisons techniques. Et puis, pour pouvoir un peu re-travailler le répertoire, c’est agréable d’avoir la play-list quelques jours ou semaines à l’avance… surtout si elle change à chaque concert !

12. 13. matériel à emporter / matériel fourni sur place

Sur les projets un peu important (quoique normalement sur tous), la fiche technique est une annexe contractuelle. On sait donc parfaitement ce qu’on doit emmener et ce qui sera fourni. Dans la réalité, et surtout sur les petits contrats, c’est plus fluctuant. Les batteurs, les contrebassistes, les pianistes sont habitués à demander ce qu’il y a sur place. Les techniciens son et lumière aussi, quand il y en a. Pour ma part, je prends grand soin à déterminer jusqu’où ira ma chaîne du son. Cela concerne surtout les plateaux avec un technicien : à quel endroit vient-il me « reprendre » ? Selon ce qu’il a et mes besoins, je n’emmène alors que mon instrument, je vais jusqu’à la DI ou je prends toute ma table de mixage…

Savoir ce qu’on doit emporter influe aussi potentiellement sur les moyens de transport utilisables. 

14. Comment s’habiller ?

Si on travaille sur des spectacles figés, en général, les costumes sont définis. Reste à savoir si je dois me charger de mon costume ou s’il sera sur place, mais c’est assez simple. Pour les musiciens de musique actuelles, je trouve pertinent de valider ensemble si on a un dress code, à ajuster selon le lieu, le projet, le public. C’est trop bête d’être le seul habillé en canard lorsque tous les collègues sont en costume 3 pièces. Le costume de scène fait bien sûr partie du matériel à emporter (ah bon ? tu ne m’as pas pris de cravate ?). 

-> On travaille avec qui ?

15. Quels collègues ?

Il y a des projets qui ne marche qu’avec une équipe fixe, et d’autres qui sont plus fluctuants, selon les disponibilités et les imprévus. Comme les variantes sont nombreuses, je trouve prudent de valider pour chaque date QUI va venir, et de bien avoir les contacts de tout le monde rassemblés au même endroit. Je me suis fait piéger une ou deux fois, sur un projet identique, mais qui tourne en version duo ou trio, avec un technicien ou sans technicien…

16. Quels techniciens (son / régie, accueil)

De même que je vérifie que j’ai les contacts de mes collègues, je tâche d’avoir dès que possible deux contacts essentiels sur le lieu du spectacle. Parfois il s’agit de la même personne. D’abord le contact du régisseur ou du technicien son, la personne sur qui je vais me brancher, pour vérifier qu’on n’aura pas de problème technique sur place. Ensuite, un contact dans l’organisation, disons la personne nounou sur place, celle que je peux appeler pour dire que je suis à la gare, trouver où me garer, savoir où sont les toilettes ou les vestiaires.

L’administratif et l’argent

-> J’ai un contrat avec qui ?

17. Un CDD avec producteur ? un GUSO ? autre chose ?

Essentiel pour choisir : Je suis un professionnel, donc je joue déclaré, donc quelqu’un me fait un contrat de travail. Je détaille ici quelques risques encourus pour l’employeur et moi-même s’il n’y a pas de contrat. En tous cas, pour décider, j’ai besoin de savoir QUI sera mon employeur, et le contenu du contrat, en particulier, combien d’heures de spectacle et de répétition il comprendra.

-> Je suis payé ?

Galère ou super plan - combien on gagne ?

Galère ou super plan – combien on gagne ?

18. Montant brut et net du cachet

Essentiel pour choisir : Le contrat précise nécessairement le montant du salaire. Le montant brut est essentiel si je suis intermittent ou cherche à l’être, car c’est le montant à déclarer lors de l’actualisation Pôle Emploi. Le montant net m’intéresse, parce que c’est l’argent que je vais toucher. Et même si, malgré tout, il n’y a pas de contrat (genre « ça joue au chapeau »), c’est beaucoup plus sain de savoir à l’avance combien chacun va toucher. 

19. frais pris en charge ?

Essentiel pour choisir : Surtout si je prends une date à Quimper (je suis toujours en Savoie…), il est essentiel de savoir combien de frais seront remboursés. Il arrive que le contrat de cession ait verrouillé le montant, et que les modes de transport doivent changer. Si par exemple vous êtes remboursés sur la base d’un billet de train en seconde et que vous devez prendre votre véhicule, les frais ne couvriront peut-être pas tout… Bref : c’est une part du revenu, donc, c’est important. 

-> Et si je suis créateur ?

20. Déclaration à la SACEM

J’ajoute ce point, parce que je le trouve très important, et de la responsabilité du musicien – compositeur. C’est également la responsabilité de celui qui joue des reprises. Il finalement est assez rare que les petits organisateurs gèrent la SACEM. Je trouve prudent de vérifier ce point AVANT la date. Il s’agit de savoir si l’organisateur dépose une liste, ou si vous devez le faire pour lui. C’est souvent parfois apprécié, ç’est ça de moins à faire son côté.  Comme il y a de grandes chances que la SACEM le contacte, je préfère vérifier avec lui pour être tranquille. 

Et voilà ! maintenant, je SAIS si ce sera galère ou super plan !

Enfin, il n’y a jamais de garantie. Mais disons qu’avec ces 20 points à vérifier, je résous 80% des problèmes potentiels. Vous en voyez d’autres ? Les commentaires sont là pour ça. Et recevez tous mes remerciements pour les galères que vous m’éviterez, et que vous éviterez aux lecteurs. 

Bonus : si vous êtes organisateur… vous pouvez aussi utiliser cette liste comme un rappel des informations à fournir aux musiciens pour leur simplifier la vie !

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