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Pascal Lenormand

Author Archives: Pascal Lenormand

Vendre au prix correct pour se payer justement

La première fois, ça m’a fait vraiment tout drôle, on m’avait dit « ok pas de problème, on te fait un cachet à 200 € ». Quelques semaines plus tard, une fois le concert effectué, je reçois le règlement et la fiche de paye. Montant du chèque : 93,60 €. 

J’ai mis quelques instants à percuter et à comprendre ce qui s’était passé. On ne peut pourtant pas dire que ce soit complètement une découverte pour moi. J’ai été salarié pendant une bonne dizaine d’années. Je suis normalement apte à comprendre la différence entre un salaire net et un salaire brut. Ayant également été entrepreneur, je devrait pouvoir comprendre la différence entre un chiffre d’affaire et un budget disponible pour les salaires. Néanmoins, c’était la première fois que j’étais mis en face du fait que cette petite mécanique agit AUSSI dans le milieu de la musique et dans mes prestations de musiciens.

Je trouve particulièrement important de comprendre ce phénomène dans deux cas : la définition d’un prix de vente et l’estimation du montant perçu. 

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Le GUSO, la solution propre qui simplifie la vie de beaucoup de monde

GUSO - concertBoris vient de m’appeler, super excité : ça y est, on va enfin jouer au Chateau des Tours, le restaurant le plus classe de la ville. C’est un lieu magnifique avec de grands jardins, et de manière incroyable… ils n’ont jamais organisé de concert. Il va falloir assurer ! Boris commence à bien me connaître depuis qu’on travaille ensemble. Il me demande tout de suite « alors… comment on fait ? ». Je joue un peu avec lui, genre « mais de quoi tu parles ? ». Des papiers, il parle des papiers. Sur d’autres projets, il utilisait une association un peu bancale. Depuis qu’on s’est croisé, il a arrêté, trop limite.
Alors, donc… comment on fait ? « Et bien, lui dis-je, ça me semble parfait de passer par le GUSO. ». Si vous sentez en vous quelque chose comme « le GU… quoi ? », c’est parfait. Visite guidée…

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Le contrat de travail dans le spectacle vivant

Le contrat de travail dans le spectacle vivant

Un jour, j’ai décidé que je serai « musicien professionnel ». C’est le même jour que j’ai commencé à poser presque systématiquement aux musiciens que je croisais la question fatidique : « et toi, comment tu te fais payer pour tes spectacles ? Est-ce que tu fais un contrat de travail ? ». Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais les réponses sont d’une intéressante variété. Voici quelques exemples typiques :

  • j’ai monté une association avec des potes, on fait tout passer dedans
  • ben… quand on est obligés, on passe par un prestataire qui nous fait des fiches de paie
  • j’utilise une structure de portage
  • je me suis monté en auto-entrepreneur
  • bah… on verra bien après…
  • etc.

Je ne sais pas combien de variantes il y a. Ce qui est le plus étonnant, c’est qu’elles n’ont pas nécessairement de rapport avec la situation. Cela me laisse avec l’impression générale que c’est le foutoir. Et longtemps je me suis dit que, pourtant, il y a bien quelque part, quelqu’un, qui « sait » ? Ne serait-ce que parce que, récemment, un collègue m’a parlé d’un « contrôle ».

Bref… une fois pour toute, je me suis penché sur la question : comment être clean pour un concert ?

Et voici ce que j’ai trouvé.

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Galère ou super plan : la check-list avant d’accepter une date

Galère ou super plan : la check-list avant d'accepter une date

Lisa vient de me laisser un message enthousiaste : « on a une date le 22 juin prochain, t’es libre ? ». J’aime bien travailler avec Lisa, ça fait longtemps qu’on monte des projets ensemble. Il y a eu des moments incroyables, comme ce micro-festival au fond de la Creuse sous un chapiteau surchauffé. Il y a eu des galères improbable, comme ce « concert » de 2 morceaux devant 4 personnes dans un salon de thé à Amiens… ça s’appelait « tremplin ». La question vient donc dès que j’ai raccroché : galère ou super plan ? Je prends ou je prends pas ? 

C’est à force d’avoir à répondre à cette question que j’ai établi cette sorte de check-list. Répondre à ces questions simples me permets deux choses essentielles :

  • savoir si je prends ou pas : est-ce que j’ai les informations essentielles qui me permettent de savoir, très concrètement, si cette date me convient ou pas ? J’ajoute la mention essentiel pour choisir dans la liste ci-dessous, aux questions qui entrent dans cette catégorie. On doit y répondre avant de dire oui on non. 
  • savoir comment ça va se passer : est-ce que j’ai toutes les informations qui vont me permettre de me concentrer essentiellement sur la musique ? Vous savez, tous ces petits détails d’organisation qui ne se remarquent pas quand tout va bien, et qui prennent toute la place quand ils flottent un peu… 

Ces informations, une fois collectées, me permettent d’établir ma feuille de route, un document qui rassemble pour chaque date toutes les informations. bien pratique quand on commence à en faire des dizaines par an !

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Infographie – revenus comparés du musicien interprète

Dans cette infographie, nous comparons les revenus du musicien interprète dans trois cas typiques : un concert, la vente d’un CD et la vente d’un morceau sur internet. Bien sûr, les réalités sont très diverses. Les chiffres diffèrent donc nécessairement de nombreux cas particuliers. Disons que nous avons cherché à illustrer les grandes tendances.

Par ailleurs, rien n’interdit au professionnel de cumuler plusieurs rôles

Ainsi, une même personne peut toucher une part des revenus en tant qu’interprète, compositeur, producteur, etc. La « part producteur » peut par exemple être une portion importante du revenu d’un musicien auto-produit.

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13 février 2017

Comment protéger ses œuvres et compositions ?

Protéger ses oeuvres

Protéger ses œuvres : l’obsession des créateurs

Je n’ai jamais regardé l’Eurovision, à part dans les années 80, quoique c’était assez différent. Mais cette année, j’ai décidé de le faire, parce que mon pote Michel a un copain bassiste qui joue pour la chanteuse sélectionnée. Alors bon, je m’installe… Et quand la minette arrive, qu’elle attaque les trois premiers accords, je sais, instantanément, qu’un truc cloche : ce qu’elle est en train de jouer devant des millions de téléspectateurs, c’est MA chanson. OK, ma composition pour accordéon seul et voix alcoolisée a pris une bonne dose de remix ambiant-electro, mais il n’y a aucun doute. Je cherche illico sur le net, qui est cette fille, quels sont les crédits de la chanson… Évidemment, ça ne parle de moi nulle part. 

Ce nouveau tube de l’année est passé pendant des semaines sur les ondes, mon nom n’a jamais été cité une seule fois, et je galère toujours à trouver mes dates dans les mariages de l’été. Et une fois sur deux, on me félicite pour ma « super reprise acoustique ». Vous savez le pire ? Je dois payer des droits quand je la joue en public…

Ça sent le cauchemar, non ? Quelque chose entre « le créateur jamais reconnu » et « c’est moi qui devrait être riche et célèbre »… Parmi les questions qui reviennent le plus souvent sur les sites et forums de musiciens, « comment protéger ses œuvres ? » est celle qui revient le plus souvent. Et bien, au risque de vous froisser… je trouve qu’elle est très mal posée !

Et je pense cela pour au moins deux raisons :

  • d’abord parce que « protéger », je trouve que cela évoque la construction de murs et l’enfermement, alors qu’au fond, je crois que tout artiste souhaite que sa musique voyage, se partage et se diffuse. Je pense donc le terme inadéquat.
  • ensuite parce que je trouve la question « pourquoi protéger ma musique ? » beaucoup plus riche, et qu’elle n’est finalement jamais posée. Que cache, au fond, ce besoin de « protection » ?

Alors… je vous propose de revisiter tout ça, et d’en sortir avec les idées claires…

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8 février 2017

Les 5 métiers du musicien professionnel (extrait)

Galère ou super plan - combien on gagne ?

Le musicien professionnel est un comptable (aussi)

1. Le nerf de la guerre

J’avais dit que je ne voulais plus le faire, mais voilà, encore une fois, on a joué « au chapeau ». Kevin avait dit que c’était un super plan, et que la date serait super pour se faire connaître. Donc on a terminé le concert, et dans le chapeau, on a trouvé 183 € (dont 27 € en pièces jaunes), 3 tickets restaurant à 12,30€, 4 Élefs5 et 1 jeton de lessive. Nous sommes 3, Michel est venu avec sa voiture (il a un break), j’ai imprimé la semaine dernière 50 cartes de visite, et le patron du bar m’a appelé hier en disant « dis, y’a la SACEM qui m’appelle et me réclame 70 €, c’était pas prévu ça ? »

Mais merde alors, comment on va faire ?

Ça vous rappelle quelque chose ? Il y a un moment où le côté « on joue pour le plaisir, et s’il y a quelques ronds, on se paiera un resto », ça ne marche plus. Souvenez-vous la définition de l’entreprise : on mobilise en consomme des ressources (moi, l’accordéoniste, je SUIS une ressource mobilisée), et il y a une question de dégager un certain niveau de rentabilité. Ça ne vous parle pas ? Exemple : la CCNEAC impose que le cachet minimum pour un concert soit de 101,35 € bruts. Ça pose un « certain niveau de rentabilité »…

Souvenez-vous également du Cas n°2, tel que je l’ai expliqué dans le chapitre précédent. Vous vous souvenez de cette « structure » qui se trouve, parfois, entre le client et le musicien ? Elle aussi, elle veut dégager un certain niveau de rentabilité. Ca ne vous parle pas ? Exemple : avec quel argent on paye les affiches du groupe ?

Déterminer combien d’argent doit rentrer pour savoir combien on va pouvoir en sortir, pour qui et pourquoi, c’est une base indispensable. C’est comme le reste, ce n’est pas spécialement compliqué, mais il faut se le faire, et apprendre un minimum les termes.

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