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8 février 2017

Les 5 métiers du musicien professionnel (extrait)

Galère ou super plan - combien on gagne ?

Le musicien professionnel est un comptable (aussi)

1. Le nerf de la guerre

J’avais dit que je ne voulais plus le faire, mais voilà, encore une fois, on a joué « au chapeau ». Kevin avait dit que c’était un super plan, et que la date serait super pour se faire connaître. Donc on a terminé le concert, et dans le chapeau, on a trouvé 183 € (dont 27 € en pièces jaunes), 3 tickets restaurant à 12,30€, 4 Élefs5 et 1 jeton de lessive. Nous sommes 3, Michel est venu avec sa voiture (il a un break), j’ai imprimé la semaine dernière 50 cartes de visite, et le patron du bar m’a appelé hier en disant « dis, y’a la SACEM qui m’appelle et me réclame 70 €, c’était pas prévu ça ? »

Mais merde alors, comment on va faire ?

Ça vous rappelle quelque chose ? Il y a un moment où le côté « on joue pour le plaisir, et s’il y a quelques ronds, on se paiera un resto », ça ne marche plus. Souvenez-vous la définition de l’entreprise : on mobilise en consomme des ressources (moi, l’accordéoniste, je SUIS une ressource mobilisée), et il y a une question de dégager un certain niveau de rentabilité. Ça ne vous parle pas ? Exemple : la CCNEAC impose que le cachet minimum pour un concert soit de 101,35 € bruts. Ça pose un « certain niveau de rentabilité »…

Souvenez-vous également du Cas n°2, tel que je l’ai expliqué dans le chapitre précédent. Vous vous souvenez de cette « structure » qui se trouve, parfois, entre le client et le musicien ? Elle aussi, elle veut dégager un certain niveau de rentabilité. Ca ne vous parle pas ? Exemple : avec quel argent on paye les affiches du groupe ?

Déterminer combien d’argent doit rentrer pour savoir combien on va pouvoir en sortir, pour qui et pourquoi, c’est une base indispensable. C’est comme le reste, ce n’est pas spécialement compliqué, mais il faut se le faire, et apprendre un minimum les termes.

Vendre une prestation et payer les gens

Il y a une relation étroite entre le prix qu’on va vendre une prestation et combien chacun pourra être payé. Ce qui intéresse le musicien, c’est « combien j’aurai dans la poche ». Le client, lui, veut savoir « combien ça va lui coûter ». Ce qui intéresse le groupe ou la compagnie (quand cela existe), c’est « combien il restera dans la cagnotte ». Enfin, ce qui intéresse l’État, c’est que les charges soient payées. Voici la séquence que j’utilise habituellement pour visualiser ce qui se passe.

Séquence des charges entre le prix de vente et le Net

Comme il y a plusieurs « endroits » où l’on peut parler d’un montant de paye, il faut faire attention quand quelqu’un dit « alors ok, je te fais un cachet à 200€ ? ». Selon qu’il parle en budget salaire, en brut, en net, voire en « part du prix de vente », c’est TRÈS différent !

Concrètement, un calcul de cachet…

Ça vous parait compliqué ? Pour les applications concrètes, j’utilise un petit tableau Excel, qui me permet très simplement de faire le calcul dans un sens comme dans l’autre.
• Je peux ainsi savoir, pour un certain prix de vente, combien chacun aura dans la poche. L’exemple ci-dessous est établi pour un spectacle vendu 1500€ TTC (TVA 5,5%), 3 personnes, 200€ de frais de transport et 50€ dans la cagnotte du groupe.

Capture d'écran d'un calcul de cachet

• Je peux aussi savoir, pour un objectif « dans la poche », combien il faudra vendre le spectacle. L’exemple ci-dessous est établi pour un calcul de cachet de 125€ nets par personne.

Capture d'écran d'un calculateur de cachet et de prix de vente

L’intérêt de la « cagnotte » est évident : c’est l’argent qui reste dans la structure commune pour financer des investissements commun. Cela peut par exemple être de la communication, des locations de locaux, ou la production des prochains spectacles. Le choix de répartition des budgets entre « commun » et « salaires » relève bien sûr des choix stratégiques et de gestion du projet.

Capture d'écran d'un éditeur de devis

 

Pour ma part, j’utilise également un autre petit tableur, à visée plutôt commerciale. Il permet à chaque membre du groupe de pouvoir vendre une date avec une marge de négociation, mais sans planter le projet.

C’est un tableau que j’utilise dès que je négocie un spectacle, et dans lequel j’ai prévu :
• un taux de remboursement des frais kilométriques

• une marge de réduction commerciale (chaque membre du groupe sait qu’elle ne doit pas dépasser X%)

• une marge de réduction « affiliation » : si le client nous trouve une deuxième date, il obtient une réduction. Ainsi, j’obtiens très vite un prix de vente crédible TTC.

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